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Après un Web 2.0 surinformé, le Web 3.0 sera t'il moins ou tout simplement mieux informé ?

Certains aiment bien voir des ruptures pour pouvoir nommer et classer les choses. C’est le cas avec Internet, nous surfons actuellement sur la crête de la vague Web 2.0, la “révolution sociale” du Net qui a rendu le web aux internautes, initialisant une ère d’échanges tous basés sur le même principe : le réseau social.

Personnellement je trouve le terme galvaudé et je ne vois aucune révolution dans ce Web 2.0, mais juste une évolution logique de l’utilisation d’Internet, les forums et les communautés n’ont pas attendu qu’on leur tamponne “Web 2.0″ sur le header, ou qu’on change leur interface à grand renforts de reflets pour être des réseaux sociaux. Mais qu’importe, utilisons le terme puisqu’il est la.

Je lisais ce matin un article de TechCrunch abordant ce qui, selon moi, est le principal problème de ce Web 2.0 : la surinformation. Agrégateurs, blogs, Flickr, communautés, Facebook, flux RSS en pagaille, Twitter, Micro-blogs, Micro-forum communautaires, Lifestreaming divers et variés, Digg-like, social bookmarking et j’en passe. Et en cadeau un forfait web a coller sur son dernier smartphone pour ne surtout pas risquer de perdre le fil.

Perdre le fil, décrocher quelques jours, se déconnecter, c’est devenu une hantise autant qu’un plaisir. Les articles à ce sujet fleurissent de plus en plus sur les blogs, montrant à quel point suivre l’information devient fastidieux et qu’en perdre le fil est perçu comme une corvée.

Les sites crachent leurs informations comme les mitraillettes Allemandes sur les soldats alliés de l’Internet. Quelques centaines d’articles après le p’tit déj, l’internaute moderne est prêt à partir au boulot muni de son iPhone pour ne rien louper entre l’arrêt de bus et la porte de son entreprise.

Non il ne faut pas perdre le fil, encore 800 articles dans l'agrégateur ce matin !

Ce n’est plus de la veille, c’est un remake du lavage de cerveau d’Orange mécanique, écarteurs sur les yeux et perfusion de café pour tenir le rythme. Le lifestreaming qui devait simplifier les choses en concentrant toutes ses infos en un seul endroit n’a fait qu’exacerber le problème, au lieu d’un nouveau service, ce n’est qu’un service en plus recrachant les mêmes infos redondantes qu’on a déjà lu dans son agrégateur et sur ses communautés.

Si on regarde les choses logiquement, ce problème était inscrit dans les gènes du Web 2.0. Impossible qu’il ne conduise pas à l’explosion des réseaux sociaux et à la surinformation qu’ils allaient inéluctablement générer. Alors c’est quoi la suite ? Le Web 3.0 sera-t-il une révolution ou une évolution ?

Imaginons quelques scénarios. Tout d’abord coté révolution :
Les choses s’intensifient, les réseaux sociaux naissent et meurent de plus en plus vite, laissant a peine à leur créateurs le temps d’engranger quelques millions. La pub suit le train et pousse les investisseurs à se dire qu’il y a encore plus d’opportunités que prévu, mais que pour les augmenter, il faut augmenter le temps de connexion de l’Internaute lambda. Puisqu’il est déjà connecté il faut l’orienter vers 2 choses : l’addiction tout d’abord avec des sites qui obligent l’utilisateur à répondre, par exemple en l’informant même si il n’est pas inscrit, des activités de ses amis et en ne l’autorisant à en savoir plus que si il participe.

Un tout petit panel des services du Web 2.0

Ensuite utiliser cette addiction pour pousser l’internaute a être connecté plus souvent et pour ça il y a un créneau : les interstices entre les occupations de l’internaute. L’internet mobile, celui qu’on met dans sa poche pour rester connecté dans le bus, à la pause repas, jusqu’aux toilettes si il le faut. Au final la masse des utilisateurs surinformés augmentera jusqu’à imploser créant une révolution pour le Web 4.0.

Je ne crois pas à ce scénario, même si tout semble pointer vers lui, augmentation de sites se servant des autres utilisateurs pour rendre accro le futur utilisateur, entreprises qui misent sur les solutions mobiles etc. Mais il y a un petit détail qui fait que je n’y crois pas : Même si on nous le rabâche depuis l’arrivée du Web 2.0, Internet n’est pas aux utilisateurs. La grande majorité des visiteurs ne savent pas ce qu’est un flux RSS et n’en ont jamais utilisé, ils ne twittent pas et se contentent d’envoyer des textos sur leur téléphone sans forfait Internet. Ce n’est pas eux qui font Internet, que la proportion des gens qui font Internet ait énormément augmenté n’a jamais voulu dire qu’Internet était aux utilisateurs.

Une autre vision, plus sympa et graphique du monde des réseaux sociaux

Je ne dis pas qu’ils ne suivraient pas le scénario, au contraire je suis persuadé qu’ils le suivraient à la lettre. Mais je pense que ceux qui font Internet vont réagir avant, pas par altruisme, mais par raz le bol, excédés par la surinformation et qu’ils mettront en place des solutions avant que la masse soit confrontée au problème.

Concrètement un deuxième scénario serait tout simplement que le WEB 3.0 ne soit pas une révolution mais une évolution. Après avoir adoré le Web 2.0, puis subi sa surinformation, les créateurs mettent en place de nouveaux systèmes d’accès à l’information, toujours autant d’infos, même plus, mais de l’information triée, sélectionnée automatiquement et capable de s’adapter.

Nous n’avons pas tous les jours le même temps à consacrer à Internet, ni à la recherche ou à la réception d’informations. L’évolution majeure permettant l’émergence d’un Web 3.0 serait une sorte de tri sélectif et adaptatif qui distribuerait l’information sélectionnée initialement par l’utilisateur, après l’avoir traitée en fonction de critères personnels, le temps disponible, importance de certains types de sujets et/ou de sources, reconnaissance automatique de certains critères comme l’auteur dans un blog collaboratif ou encore (soyons fous) le style de ce qui est présenté (dans le cadre d’un blog présentant du graphisme, ou de la musique, je vous laisse imaginer à quel point ça pourrait être utile).

Dans un flot d'information pareil comment retrouver les 2 ou 3 infos intéressantes ?

Nous lisons tous les jours des tonnes d’infos totalement inutiles, ou du moins qui ne nous intéressent pas, alors que nous passons a coté de milliers d’informations dont nous aimerions avoir connaissance. Un premier pas serait déjà d’éliminer l’information redondante, Twitter, micro-blog, blog, communautés (Pownce ou Jaïku par exemple), Lifestreaming, Digg, la même information peut se retrouver devant nos yeux des dizaines de fois en n’apportant rien de nouveau.

Alors plutôt révolution ou évolution ? Il existe des tonnes d’autres scénarios possibles, à vous de voir.

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Article consulté 620 fois Réflexions

Un commentaire pour “Web 3.0 révolution ou évolution ?”

  1. L’Internet des Objets » Blog Archive » Pour une écologie informationnelle
    A 16:58 Le Lundi 28 avril 2008

    [...] Et que dire quand le rythme s’accélère encore avec les agrégateurs de flux d’actualité de son réseau social comme Twitter ou Friend Feed comme l’évoquait Erick Schonfeld sur Techcrunch (traduction en français). Comment ne pas être dépassé quand on suit comme Robert Scoble 20 000 personnes sur Twitter et que l’on reçoit un twitt par seconde ? “Le lifestreaming qui devait simplifier les choses en concentrant toutes les infos en un seul endroit n’a fait qu’exacerber le problème”, conclue avec raison l’auteur du blog linfographik. [...]

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