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Red Light District, une des centaines de prostituées sous verre de la ville

Le quartier rouge comme on l’appelle en Français est sans doute une des principales attractions touristique des Pays-Bas. Au milieu du charme des canaux et des petits ponts, Red Light District est une zone en plein centre de la ville s’étendant au sud, sud-est de Central Station.

Le quartier rouge est en fait bien plus grand qu’un quartier, c’est la partie nocturne de la ville qui regroupe les bars, les coffeshops, les sex-shops et quelque chose d’au moins aussi typique que les coffeshops : les prostituées sous verre.

Certaines rues sont entièrement consacrées à ces dernières, dans d’autres on ne voit qu’une ou 2 fenêtres illuminées par cette lumière rouge qui a fait le nom et la réputation du quartier. Les filles sont la, derrière la porte vitrée, je suppose que la législation leur interdit d’être nue puisqu’elles sont toutes en sous-vêtements.

Marcher dans ces rues devient un véritable ballet de strings, de soutiens-gorges et autres sous-vêtements. La fausse pudeur qui nous pousse d’abord à tourner la tête et a ne regarder que du coin de l’œil ne sert à rien, si on détourne son regard pour en esquiver une on tombe sur une autre.


Red Light District, les coffeshops

Au fil des rues on comprend un peu mieux ce qui se passe derrière ces lumières rouges. Le principe est assez simple, chaque fenêtre allumée est un véritable box personnel. Si la fille est à l’intérieur la lumière est allumée, si elle reçoit un client, elle tire les rideaux et emmène son client dans une pièce située directement elle avec un lit avec un lit et un lavabo. De toute évidence le mot d’ordre est rendement, l’affaire terminée le client se fait éjecter assez vite pour libérer la place.

Notre soirée s’est principalement résumée à déambuler dans les rues, quadrillant un maximum de rues en espérant voir quelque chose d’encore plus étrange que ce qu’on croisait déjà. Pauline agissait comme une collectionneuse, s’il y avait une lumière rouge au fond d’une ruelle il fallait y aller pour voir. Si les photos n’avaient pas étés interdite elle les aurait sans doute mitraillées une bonne partie de la nuit.

Les sex-shops s’exposent aussi comme des lieux touristiques, la ou les nôtres sont le plus cachés possibles, les vitrines couvertes de peintures et comme seule publicité quelques enseigne aux néons récapitulant les produits, les leurs sont le plus ouvert possible. Les vitrines montrent parfaitement les produits, les portes sont grandes ouverte et à l’entrée les affiches explicites côtoient les bandes-annonces de films porno sur écran plat.

Certains misent carrément sur le grand standing du sexe aménageant leurs boutiques à l’identique de grand parfumeurs ou de boutiques de prêt-à-porter. Un mélange de Sephora et de H&M aux étagères débordantes de godemichets et autres jouets vibrants. Ou les poings en latex côtoient le sex-toy canard waterproof et ou le lubrifiant se vend au litre à coté d’art-toys prenant les positions les plus invraisemblable.


Red Light District, les smartshops

J’habite dans un quartier connu pour la prostitution à Caen et à chaque fois que nous sortons le soir nous croisons quelques filles qui attendent le client. Si certaines sont jeunes, sur la plupart on voit l’âge se marquer trop tôt, les signes évidents de plusieurs grossesses leurs tombent sur les hanches ou les cuisses, elles sont souvent africaines ou aux traits marqués des pays de l’est et pour tout dire n’ont pas grand-chose de jolies.

Au fil des rues je redécouvre la facette la plus étrange de ce quartier. Ces prostituées sous verre n’ont rien à voir avec celles qu’ont peut voir en France, la plupart sont jeunes, parfois très jeunes, et particulièrement jolies. Plus les lumières défilent plus il me revient en mémoire cette explication que nous avions eu à l’époque de mon premier séjour, ou une étudiante nous avait expliqué qu’elle se prostituait parfois au red light pour financer ses études.

Il y a quelque chose de gênant dans tout ca, ce n’est plus la gène pudique de regarder ces filles et parfois de se surprendre à littéralement les déshabiller du regard. C’est l’ensemble de ce qu’est Amsterdam. Les bars, les coffeshops, les Sex-shops, les prostituées. Tout est fait pour le plaisir, autour de l’idée de jouissance.

Plus que le Français du 21ème siècle c’est le judéo-chrétien qui est choqué. Le plaisir, la jouissance, ça nous a toujours été montré comme mauvais. Le plaisir dans nos société occidentales, tourne en permanence autour des plaisirs de la table, de la gastronomie, au vin, même le fait de se retrouver entre amis tout se fait autour d’une table. Les autres forment de plaisir sont moralement interdites.

Pourquoi ? Plus les rues défilent plus je me demande pourquoi, pourquoi eux l’autorisent, pourquoi nous sommes nous privés au fil du temps de ces autres formes de plaisirs. Comment en est on arrivés, malgré la déchéance de l’église en France, a garder aussi profondément implantées ces valeurs d’autocensure, cette peur totalement biblique de la jouissance. Pourquoi cultivons nous plus notre amour d’interdire que notre envie de l’interdit.


Red Light District, les photos étant interdites j'ai du les trouver sur le net

J’en viens à me demander s’il y a des raisons « raisonnables » de se refuser tout ca, maladies, taux de mortalité, stress, toxicomanie. Y’a-t-il chez eux quelque chose de négatif qu’il n’y ait pas chez nous ou dans des proportions telles que nous aurions raison de nous priver de toutes ces formes de plaisir. Ou alors sommes nous seulement tellement enracinés dans des valeurs que nous ne sommes pas capables de sortir de ce schéma. Car en voyant ces femmes presque nues, côtoyant d’aussi prêt des hordes de mâles dans un état second on ne peut pas ne pas se dire qu’un malheur va arriver et qu’ils l’auront bien cherché.

22H30 après un repos bien mérité pour nos pieds nous nous retrouvons à nouveau dehors. Les rues sont vides, Les rideaux tirés et les lanternes éteintes pour la plupart. En rejoignant la voiture je ne peux m’empêcher de penser que cette ville à quelque chose de décadent, de « too much ». Touristes comme habitants, tout le monde use et abuse tellement de son droit au plaisir qu’à 22H30 a peine cette ville ne tient plus debout et rentre se coucher en espérant réussir à trouver sa voiture.

Cette fois au moins nous savions où dormir.

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Article consulté 516 fois Personnel, Voyage

Un commentaire pour “Amsterdam 6 : Red Light District”

  1. Totof
    A 16:21 Le Mercredi 5 décembre 2007

    Ben dit donc, ça philosophe dure dans ta caboche. C’est une analyse critico-sociologique de notre époque que tu nous fais. Remise en question des valeurs de la sainte église catholique. Blasphémateur, hérétique! Assouvir ses fantasmes dans le voyeurisme de jeunes étudiantes nymphomanes en bocal, c’est une honte!

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