
Une petite discussion hier sur Benzor m’a fait réaliser que cela fait 10 ans que je suis sur Internet. Ça fiche un coup de vieux quand on y pense. Comme relique de cette époque où les connexions étaient aussi instables que les systèmes d’exploitations je n’ai conservé que ma première adresse mail.
Je me rappelle encore du jour ou j’ai acheté mon premier ordinateur, avec le tout nouveau Windows 98, et ou un ami est venu m’installer ICQ en me disant “Tu vois la petite fleur la ? Ça va devenir ton meilleur ami !”. Si il avait su à quel point, il aurait peut-être réfléchit avant de me montrer comment lancer une connexion.
J’ai passé quelques mois dans le sifflement strident de mes modems 56K successifs, qui grillaient au moindre orage, à surveiller le changement de couleur de la petite fleur d’ICQ et à tenter de télécharger des scripts mIRC bien trop lourds pour ma connexion, 10Mo pensez donc, de quoi griller plus d’un modem Olitec.
Puis vint le grand projet, la création d’un premier site web, entièrement codé par un ami, puisque à l’époque j’étais aussi incapable qu’inintérêssé par les mystères de l’informatique. Je me contentais de rédiger le contenu et de scanner les images.

Quelques mois plus tard, la machine a rendu l’âme. Malgré les passages successifs de tous les amis censés s’y connaître, personne n’a jamais pu identifier le problème et la carcasse a lentement pris la poussière jusqu’à finir à la poubelle un jour de grand ménage.
3 ans plus tard, en revenant habiter chez ma mère, en Guadeloupe, j’eu la surprise de faire une double découverte : un ordinateur trônait dans ce qui allais devenir ma chambre et, alors que je n’avais jamais été intéressé par l’informatique jusque la, j’ai soudain été pris par une véritable passion pour cette petite machine.
En quelques semaines je passais du stade où je n’y connaissais rien à celui de webmaster et très vite à celui de “dépanneur informatique bénévole du quartier”. Si bien que 2 mois après avoir emménager j’étais embauché comme responsable informatique dans un lycée.
En réalité, j’ai d’abord été pris comme webmaster et responsable du pôle multimédia mais le temps passant j’ai cumulé les postes jusque là vacants. Webmaster, monteur vidéo, responsable informatique, chargé de communication, graphiste, formateur, réparateur, le tout sans la moindre augmentation de salaire (sic).

A partir de là, l’arrivée de l’ADSL aidant, j’étais connecté en permanence. Tout s’enchaînait logiquement, pour créer les sites dont j’avais la charge j’ai du me mettre a manipuler photoshop et j’ai pu découvrir le moyen d’allier mes 2 grandes passions : l’informatique et l’image.
Le graphisme est quasiment devenu une raison de vivre quand j’ai découvert les communautés graphiques. Graphinews, Neokulture, Piregwan, puis Benzor et plus tard Made-In-Strator. Mon photoshop 5.5 et moi devenions inséparables et je ne le quittais que pour aller en parler sur ces communautés.
C’est sur Neokulture, en décembre 2001 que j’ai découvert une autre passion. Une passion qui habitait alors au Burkina Faso, a des milliers de kilomètres de chez moi et qui exposait ses aquarelles sur les galeries.
Je me souviens bien des “conseils” de mon entourage. Collègues, famille, amis, vagues connaissances, tout le monde y passait, il suffisait que je raconte mon histoire pour soulever chez eux, au mieux un sourcil réprobateur, au pire les questions les plus loufoques, anecdotes, blagues et autres conseils visant a me faire comprendre que l’amour sur internet n’existait pas.
Si maintenant les rencontres sur internet se démocratisent, à l’époque tout le monde trouvait ça stupide, voire carrément glauque. Personne n’y croyait, sauf nous. Pourtant elle est toujours là et ça ne m’a jamais fait aussi plaisir d’avoir raison.
C’est aussi sur Neokulture que j’ai vu les premiers vrais sites. A l’époque tout était fait à grand coup de frames et de gif animés aussi moches que dépareillés, mais sur Neokulture les graphistes savaient faire de vrais sites et utilisaient des concepts comme ergonomie ou charte graphique.
La plupart des nouveaux internautes ont l’impression que ce qu’ils appellent le Web 2.0 est arrivé tout seul. Mais pourtant ça a pris des années de tâtonnement, une lente évolution où les graphistes ont joué un rôle bien plus important que celui qu’on leur accorde aujourd’hui. Ce sont eux qui ont inventé la plupart des concepts qui nous paraissent maintenant aussi évident qu’indispensables, comme l’ergonomie, les communautés de projets, les interfaces utilisateurs simplifiées (qui ont fini par donner les CMS), la vidéo sur le web, etc.
Maintenant les modems ne sifflent plus, on ne paye plus ses connexions à l’heure, internet devient quelque chose d’évident pour la plupart des gens et le Web 2.0 2.0 a relégué le passé à l’état de rebut obsolète. Pourtant j’ai souvent la nostalgie de cette époque où le web n’était pas si uniforme, où on pouvait voir émerger un nouveau style graphique presque tous les mois et où les communautés virtuelles débordaient d’activité.














A 15:05 Le Jeudi 3 avril 2008
Seulement 9 pour moi…
Déjà 9!
Et que d’évolution, que de monde virtuels sont nés, ont vécu puis ce sont désintégrés aussi soudainement qu’ils étaient apparus pour laisser la place à d’autres mondes, plus évolués plus aboutis au fur et à mesure que la population connectée augmentait, que les techniques de transmissions évoluait que les ordinateurs s’up-gradaient.
A 8:57 Le Samedi 5 avril 2008
moi aussi ça doit faire 9 ans. Je me rappelle d’illustrator 9 et de la claque que j’ai eu, ce soft ne m’a plus jamais quitté. Je me rappelle aussi que ma première communauté était Made in strator.
Depuis j’ai 6 boites mail, myspace, facebook, behance,deviantART, MSN, AIM, un blog, un site… j’suis sous CS3 et je me bagarre avec la MDA…On a grandi
A 13:22 Le Samedi 5 avril 2008
On fait vieux routards du web hein ? ^^
Le cycle de vie et l’intérêt des services web me parait de plus en réduit… Il y a encore un an il fallait être sur Second Life, c’était indispensable, quelques mois plus tard c’était sur Facebook aujourd’hui Facebook se vide de plus en plus (en nombre d’inscriptions il augmente mais l’activité ne fait que réduire).
Ha j’me rapelle aussi du coup de coeur pour Illu 9 , mais j’ai vite zappé direct sur le 10. Le vectoriel c’est une drogue ^^
A 18:36 Le Dimanche 6 avril 2008
Une dizaien d’années aussi pour moi (je ne sais plus quand exactement
) très intéressant ton parcours.
Ca m’épate toujours les gens qui apprennent aussi rapidement (2 mois) que toi !
A 20:22 Le Dimanche 6 avril 2008
Oui enfin il faut remettre ça dans le contexte, Au début on m’a seulement demandé de faire des sites internet et du montage vidéo. Qui plus est l’informatique en 2001 et dans le public c’est pas la même chose qu’en 2008 dans le privé.
Mais après tout s’enchaine très logiquement, Pour faire des sites j’ai appris le graphisme. A force de pannes diverses j’ai appris la maintenance. Les bases de graphisme web m’ont permis d’apprendre le print et de me charger de la communication. etc etc. C’est vraiment un cheminement sur plusieurs années, au début je savais juste créer des sites très basiques en HTML, le reste est venu sur le tas, devant la nécessité.
Ce qui est le plus marrant c’est la façon dont j’ai eu le poste de responsable Informatique. Pour situer le contexte le Lycèe en question est un lycée technologique, dans une ZEP (pas des gamins faciles même si c’est pas non plus ce qu’on fait de pire). C’était un lycée pilote informatique, mais comme souvent dans le public tout avait été fait en dépit du bon sens. On avait donc un énorme parc (environ 250 machines) qui contenait de tout, de la bécane antédiluvienne en pentium 1 tournant sur win 95 jusqu’au windows XP, une poignée de macs perdus prenant la poussière parce que le seul prof sachant s’en servir avait été muté, le tout géré par un serveur tournant sur un simple Windows NT. Et je n’ose même pas évoquer la connectique qui défait les lois de la physique.
Quoi qu’il en soit ce réseau était géré depuis des années par un prof d’électronique demi-déchargé (c’est a dire a mi temps en cours et le reste réservé à l’informatique) qui réclamait a être entièrement déchargé pour s’occuper du réseau. Quand sa décharge totale lui a été refusée une fois de trop a son gout il a tout simplement refusé de s’en occuper et a planté tout le réseau avant de claquer la porte. Le proviseur est donc venu nous voir (moi et un collègue posté au CDI) pour savoir si l’un de nous pouvais réparer. On a passé une semaine a tripoter le serveur pour comprendre comment dépanner, puis recréer un réseau au milieu de tout ce matériel qui fonctionnait quand il voulait bien. Puis quand on a eu fini, vu qu’il n’y avait pas d’augmentation à la clef, mon collègue a tout simplement refusé de gérer la suite… Je suis donc devenu responsable informatique par la force des choses étant le seul a bien vouloir m’en occuper.
Enfin bon je ne regrette pas l’expérience, j’ai pas mal d’anecdotes bien poilantes de cette époque et ça m’aura permis d’apprendre a gérer un serveur, même si c’était la manière la plus basique de le faire.
A 21:46 Le Dimanche 6 avril 2008
Ok merci pour les détails
une partie de ta formation s’est faite sur le tas alors, pas évidemment mais certainement très formateur !
A 22:20 Le Dimanche 6 avril 2008
Non… pas une partie, l’intégralité.
A 22:46 Le Dimanche 6 avril 2008
Ok
A 0:55 Le Lundi 9 juin 2008
Un commentaire de’ncouragement ! c’est un très joliv design
continue ! je le mets dans ùes favoris
A+