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L'AGI et l'AFD signent un texte contre le free pitchings

Depuis quelques années les appels d’offre déguisés en concours se multiplient. Ce phénomène appelé “free pitchings” (proposition spontanée et gratuite) touche particulièrement les graphistes au point de devenir une norme tacite dans la profession.

Du concours de création de logo à celui de réalisation de visuels pour tee-shirts en passant par le classique concours d’affiches, tous les jeunes graphistes se sont déjà retrouvés face à un de ces concours. L’Alliance Graphique Internationale (A.G.I) et l’Alliance Française des Designers (A.F.D) diffusent en ce moment un texte contre cette pratique qui nuit à la profession.

Graphistes, designers en France, nous vous incitons à ne pas participer aux concours et appels d’offres qui ne prévoient pas de rémunération pour votre travail, et à ne pas démarcher en proposant des idées gratuites : le seul résultat à long terme est la détérioration de notre profession.

Ce document de 14 pages est divisé en 2 parties. Tout d’abord il explique aux graphistes en quoi cette pratique est dangereuse pour eux et montre comment reconnaître et éviter les pièges de ces « concours ». Ensuite il explique aux clients que cette pratique est illégale et détailles les étapes de la création d’un appel d’offre en bonne et due forme.

Un bon article sur le crowdsourcing et ses dérives sur InternetActu

La proposition gratuite tue la création
C’est tout un art pour un designer que d’éviter de travailler gratuitement…La pratique des propositions gratuites s’est instaurée selon plusieurs traditions bien établies, comme les concours publics d’architecture, ou les démarches commerciales agressives, typiques des agences des secteurs des médias et de la publicité. Ces pratiques ont contaminé les appels des institutions publiques depuis une vingtaine d’années, au point, que des graphistes qui exercent leurs talents dans ce secteur sont « happés » par l’engrenage des projets non rémunérés. Méthode de vente ou force des choses, proposer gratuitement ses compétences ou répondre à la demande abusive d’un client est contre-productif au point de courir à la faillite de son activité et à la dévalorisation de toute une profession. Sauf, par engagement personnel dans le contexte d’oeuvres caritatives, un graphiste professionnel ne doit pas travailler sans rémunération.

Je vous invite tous à le lire avec attention et à le diffuser le plus possible. Cette pratique ne doit plus s’étendre comme elle le fait au point de toucher maintenant les marchés publics.

*Le crowdsourcing est une pratique initialement généreuse basée sur le partage, mais qui au fil du temps s’est détériorée et qui permet maintenant à des entreprises de faire faire le travail par des participants à des concours, ce qui revient à avoir des employés gratuits. Pour plus d’informations lire cet article.

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Article consulté 524 fois Actu graphique

7 commentaires pour “Pour la gloire et le crowdsourcing !”

  1. Rémian
    A 12:35 Le Samedi 17 mai 2008

    Le crowdsourcing est pour moi une idée très enrichissante, mais les aspects économiques le sont probablement moins. Après avoir lu l’article en complément de Hubert Guillaud, je me demande finalement si le crowdsourcing ne doit pas être limité à certains types d’investissement d’entreprise. Je pense notamment au bootstrapping où la phylosophie de financement consiste à dépenser le moins possible, à composer avec les moyens à disposition en réduisant la participation des investisseurs.

  2. Stellaire
    A 15:25 Le Samedi 17 mai 2008

    Rémian, mais le Crowdsourcing est une idée géniale, tant qu’elle reste un moyen d’échanges entre amateurs autour d’un projet ou d’une passion, c’est vraiment un concept super. Mais ça n’a pas sa place dans le monde de l’entreprise, ou alors avec un encadrement tel qu’elle y perdrait tout intérêt.

    Parce que de fait, quand une entreprise se laisse aller a utiliser le crowdsourcing, et même si ça part d’une bonne idée/intention à la base, ça va forcément dériver vers une forme d’exploitation d’employés non salariés et non reconnus. Quand on voit les dérives que deviennent des idées, comme Wilogo, qui pourtant paraissaient prometteuses à l’origine, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

  3. Olivier Beining
    A 10:13 Le Dimanche 18 mai 2008

    Bonjour,

    J’ai repris votre article sur mon blog et je le diffuse sur viadéo également.
    Il résume bien la situations.

    Avec d’autres nous avons initié une profonde réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour défendre notre profession. (Kobone, 1D café …)

    Le chemin est encore long, mais ne rien faire serait nous condamner.

  4. Stellaire
    A 13:11 Le Dimanche 18 mai 2008

    Merci Olivier.

    J’ai suivis la réflexion sur Kobone et sur mariejulien.com. Cette première réaction par des groupements importants est déjà un premier pas. Reste a espérer que le mouvement prenne de l’ampleur.

  5. Les graphistes contre le Crowdsourcing | La Feuille
    A 9:17 Le Lundi 19 mai 2008

    [...] Via Fabien Huet,  Etienne Mineur et Linfographik. [...]

  6. Matthieu M.
    A 22:35 Le Mercredi 11 juin 2008

    Je ne voyais pas la chose de cette manière. Effectivement, du point de vue d’un designer, cela peut très vite s’apparenter à une perte de temps et d’énergie. Et quand on travaille en freelance, j’imagine que le risque de ne pas s’en sortir est grand. Merci pour cet article qui a le mérite d’éclairer le néophyte :)

  7. Stellaire
    A 12:27 Le Jeudi 12 juin 2008

    Matthieu, et encore là c’est relativement soft. Quand on voit les dérives de certains services de création de tee-shirts ou de logos que je ne nommerais pas, ça fait vraiment froid dans le dos. Non seulement pour les freelance qui se coupent l’herbe sous le pied, mais pour des grosses boites de com qui perdent d’énormes marchés (le dernier en date : l’identité graphique de la présidence française du conseil de l’union européenne, un gros marché public). Et qui donc, par manque a gagner répercutent directement sur l’embauche de jeunes graphistes. Ces derniers se rabatant sur le miettes que leur laisse le crowdsourcing. C’est devenu un cercle vicieux, une nouvelle sorte de norme parallèle de la profession.

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